Des nuages de laine. Des ciels couleurs végétales.
A l’image des nuages en transformation perpétuelle, les récupérés en cuisine (pelures d’oignon jaune et rouge, peaux d’avocat…) se transforment en pigments naturels et migrent dans les fibres de cellulose.
Dans des ciels toutes en nuances qui s’étendent à l’infini, les nuages se réinventent à chaque seconde. Ils ne sont régis par aucun cadre, libres comme l’air, baignés de lumière, ils laissent derrière eux des étendues aux couleurs vibrantes.
Prendre un peu de hauteur et changer notre regard… de trouble-fêtes obscurcissant le ciel à porteurs d’espoir, de quiétude, de vie. Constamment en mouvement, les nuages nous rappellent le principe même de la vie, celui d’impermanence.
Arroseurs salutaires, porteurs d’eau, comme les oiseaux en vol ou les toisons de moutons le sont pour disséminer les graines en qui sommeillent fleurs, fruits, et tout ce qui nous régale et colore nos vies.






Autrefois, on lisait beaucoup les nuages. Sans appli, on observait les mouvements dans le ciel. Guides pour celles et ceux qui cultivaient, qui nourrissaient. Humilité sans chimie de synthèse. Les pluies étaient vénérées. On s’ajustait sur les rythmes de la nature…pour semer, récolter.
Comme le nuage, la graine de pissenlit virevoltant au gré du vent. Avec son délicat parachute, elle se pose pour laisser éclore ses inflorescences soleils.






Toile de coton revalorisée sur châssis. Teinture végétale. Nuage de laine locale. Graine de pissenlit.
L’ensemencement des nuages. Non, il ne s’agit pas de graines tombant des nuages comme ici. L’ensemencement des nuages consiste à modifier la structure d’un nuage de façon à accroître les possibilités de précipitation. Vous les pensiez préservés là-haut tous tranquilles sans que l’humain ne vienne y mettre son grain de sel ? Dompter les nuages n’est pas de l’ordre du rêve. Nous le faisons depuis de nombreuses années. En envoyant des particules d’iodure d’argent, de nombreux pays manipulent les nuages pour enneiger les stations de ski, dissiper les brouillards pour améliorer la visibilité au niveau des aéroports ou au contraire créer des averses pour réduire l’accès à des pistes aériennes lors de certaines guerres. En France, l’ensemencement par iodure d’argent se pratique pour réduire les dégâts par la grêle dans plusieurs régions viticoles ou arboricoles.

Encre végétale sur papier recyclé, plaque métallique et nuages aimantés

Ciel évolutif (cliquer pour visionner la vidéo)
Des nuages de laine sur un ciel aimanté
Entrer en contact avec la matière
Laisser glisser
Sortir du cadre
Regrouper pour faire corps
Ou choisir un ciel dégagé


Branche de bouleau, toison de laine teintée avec des feuilles de bouleau, pigeons d’argile, plume
Et si plutôt que de les détruire, on en faisait des refuges… des plateaux d’argile – nids ? Fabriqués en vue d’être détruits dans les airs par des fusils de chasse pour la pratique du tir aux pigeons d’argile (ou ball-trap), les plateaux d’argile ont été inventés à la fin du XXe siècle pour remplacer l’utilisation d’oiseaux vivants (souvent libérés d’un chapeau haut de forme). Une compétition de tir aux pigeons vivants fut d’ailleurs organisée pendant les Jeux olympiques de Paris en 1900. Près de 300 pigeons ont été utilisés pour cette compétition. En France, cette pratique cessa progressivement à partir de 1955 et fut interdite en 1976.



